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Entretien

Margaret Howell : comment entretenir ses pièces en laine ?

Par Marius Jeannot · août 8, 2026 · 8 min de lecture
pull en laine soigneusement plié sur une étagère

La laine Margaret Howell est l’un de ces matières que l’on choisit une fois et que l’on garde longtemps, à condition de savoir comment s’en occuper. La marque britannique construit sa réputation sur des vêtements pensés pour durer, mais encore faut-il leur donner les moyens de tenir leurs promesses. Un pull en laine mérinos, un manteau en tweed, une veste en shetland : autant de pièces qui méritent une attention particulière, pas compliquée, mais régulière et éclairée. Ce guide vous donne les clés concrètes pour prolonger la vie de vos achats, pièce après pièce.

Comprendre la laine utilisée par Margaret Howell

Des fibres naturelles aux propriétés distinctes

Margaret Howell travaille essentiellement avec des laines de haute qualité : mérinos, shetland, lambswool et parfois cachemire ou mélanges laine-coton. Chaque type de fibre réagit différemment au lavage, à la chaleur et au frottement. Le mérinos, par exemple, est réputé pour sa douceur et sa résistance relative à l’humidité, mais il peut se feutrer à une température trop haute. Le shetland, plus robuste et structuré, tolère mieux les manipulations, mais reste sensible aux frottements répétés.

Lire l’étiquette comme un réflexe

Avant tout entretien, l’étiquette de composition et de lavage est votre première source d’information fiable. Ne la coupez jamais avant d’avoir mémorisé ou noté les instructions. Margaret Howell indique systématiquement les températures maximales et les modes de lavage recommandés. Un symbole main barrée signifie lavage en machine interdit, pas lavage interdit tout court. Cette nuance change tout à votre approche quotidienne.

Pourquoi la laine est naturellement résistante

La laine possède une structure en écailles qui lui confère une capacité naturelle à repousser les salissures légères et à réguler l’humidité. Elle n’a pas besoin d’être lavée après chaque port, contrairement au coton ou aux fibres synthétiques. Cette particularité est à la fois une économie de temps et une protection de la fibre. Aérer régulièrement suffit dans la plupart des cas pour rafraîchir un pull entre deux lavages.

Laver ses pièces en laine sans les abîmer

Le lavage à la main, méthode de référence

Pour les pièces les plus délicates, le lavage à la main reste la méthode la plus sûre. Utilisez une eau tiède, jamais chaude, entre 25 et 30 degrés maximum. Ajoutez un détergent spécifique laine, sans enzymes ni agents de blanchiment. Immergez la pièce sans la tordre ni la frotter, laissez-la tremper deux à trois minutes, puis rincez délicatement à l’eau froide de la même température pour éviter le choc thermique qui provoque le rétrécissement.

Le lavage en machine quand c’est autorisé

Certaines pièces Margaret Howell supportent la machine, à condition de respecter scrupuleusement quelques règles. Utilisez exclusivement le programme laine ou délicat, avec un essorage au minimum ou désactivé. Placez toujours le vêtement dans une housse de lavage en filet. La centrifugation agressive est l’ennemie principale de la laine : elle déforme les fibres de manière irréversible. Une eau à 30 degrés maximum est une limite à ne jamais dépasser.

Les erreurs fatales à éviter absolument

Le rétrécissement, le feutrage et la déformation sont les trois grandes menaces qui pèsent sur vos lainages. Ne mettez jamais une pièce en laine dans un sèche-linge. La chaleur et le mouvement mécanique combinés dégradent la structure des fibres en quelques minutes. Évitez également de suspendre un pull mouillé sur un cintre : le poids de l’eau étire les épaules et déforme définitivement la silhouette du vêtement.

Sécher et ranger correctement ses lainages

Le séchage à plat, une étape non négociable

Après le lavage, pressez doucement le vêtement dans une serviette propre pour absorber l’excès d’eau sans le tordre. Étalez ensuite la pièce à plat sur une surface propre, en la remettant dans sa forme d’origine. Tirez doucement les coutures, remettez les encolures en place, lissez les manches. Laissez sécher à l’abri du soleil direct et des sources de chaleur, qui jaunissent et fragilisent les fibres naturelles.

Ranger la laine pour qu’elle garde sa forme

Les pulls et vestes en laine se rangent pliés, jamais suspendus. Un cintre laisse des marques permanentes sur les épaules et provoque un étirement progressif de la maille. Optez pour des étagères ou des tiroirs, en intercalant si possible du papier de soie entre les pièces volumineuses. Pour les manteaux en laine, un cintre large et rembourré peut être acceptable, mais le rangement à plat reste préférable pour les séjours prolongés hors saison.

Protéger ses pièces contre les mites

Les mites sont une menace réelle pour toute garde-robe en fibres naturelles. Avant de ranger vos lainages pour la saison, lavez-les impérativement : les mites sont attirées par les résidus organiques comme la transpiration ou les aliments. Utilisez des sachets de lavande, de cèdre ou des répulsifs naturels plutôt que des boules de naphtaline, dont l’odeur est difficile à éliminer et les composants potentiellement nocifs. Rangez dans des sacs de rangement fermés, en coton de préférence, qui laissent respirer les fibres.

Entretenir ses pièces au quotidien entre les lavages

Aérer plutôt que laver

La laine n’a pas besoin d’être lavée fréquemment pour rester fraîche. Après chaque port, suspendez simplement votre pièce quelques heures près d’une fenêtre ouverte. L’air extérieur élimine naturellement les odeurs légères et permet aux fibres de retrouver leur structure. Cette habitude simple prolonge considérablement la durée de vie de vos lainages en réduisant le nombre de lavages annuels.

Utiliser une pierre à laine ou une brosse à vêtements

Les boulochages, ces petites boules de fibres qui apparaissent sur les zones de frottement, sont inévitables avec le temps. Une pierre à laine ou un rasoir à peluches permet de les retirer proprement sans abîmer le tissu. Passez l’outil avec des gestes lents et réguliers, dans le sens du tissage. Une brosse à vêtements en poils naturels complète ce soin en ravivant la surface de la maille et en retirant poussières et poils.

Repasser la laine sans la brutaliser

Si une pièce a besoin d’être défroissée, l’idéal est d’utiliser un défroisseur à vapeur plutôt qu’un fer à repasser classique. Maintenez le défroisseur à quelques centimètres du tissu sans appuyer. Si vous utilisez un fer, placez toujours un linge humide entre le fer et la laine, en réglant la température sur position laine ou soie. Ne frottez jamais : posez, soulevez, déplacez.

Réparer et valoriser ses pièces plutôt que les remplacer

Le reprisage, une compétence qui revient en force

Un petit trou ou une accroche sur un pull Margaret Howell n’est pas une condamnation à mort. Le reprisage est une technique accessible qui permet de prolonger la vie d’une pièce de plusieurs années. Avec une aiguille à repriser, un peu de fil de la même couleur et quelques tutoriels disponibles en ligne, il est possible de traiter un trou de moins d’un centimètre de manière presque invisible. C’est même devenu un acte militant dans une logique de consommation plus responsable.

Faire appel à un teinturier spécialisé

Pour les taches tenaces ou les interventions plus complexes, un teinturier spécialisé dans les textiles nobles reste la meilleure option. Tous les teinturiers ne traitent pas les laines fines de la même façon, il vaut mieux choisir un professionnel habitué aux pièces de qualité. Expliquez toujours la composition exacte du vêtement et la nature de la tache avant toute intervention. Un bon teinturier saura vous dire honnêtement s’il peut ou non vous aider.

Penser à la valeur durable d’un entretien rigoureux

Un pull Margaret Howell bien entretenu peut traverser dix ans de garde-robe sans perdre ni sa forme ni son toucher. L’entretien régulier n’est pas une contrainte supplémentaire : c’est simplement le prolongement logique d’un achat réfléchi. Dans une époque où les modes passent vite et les budgets sont comptés, savoir entretenir ce que l’on possède déjà est l’une des décisions les plus intelligentes que l’on puisse prendre. Et les pièces Margaret Howell, conçues pour durer, méritent amplement cet effort.